Une entorse du genou peut aller d’une simple irritation ligamentaire à une lésion plus sérieuse. C’est pour cela qu’on doit se méfier des délais trop simples : “une semaine”, “un mois”, “deux mois” ne veulent rien dire sans connaître l’intensité de la blessure, le gonflement, la stabilité et le contexte du traumatisme. L’objectif ici est de donner des repères utiles pour ne pas reprendre trop tôt ni rester immobilisé plus que nécessaire.
Cette page donne des informations générales. En cas de gros gonflement, d’instabilité, d’impossibilité d’appui ou de traumatisme important, il faut consulter rapidement.
Ce qu’on appelle entorse du genou
Le mot entorse recouvre une atteinte des ligaments autour du genou. Selon la violence du traumatisme, on peut avoir une simple distension ou une lésion plus marquée. Les symptômes les plus fréquents sont la douleur, le gonflement, une gêne à l’appui, une impression de genou “qui tient mal” ou une limitation de mouvement.
On ne déduit pas la gravité seulement à partir de la douleur. Un genou très douloureux peut parfois être surtout inflammé, tandis qu’un genou moins douloureux peut être instable. Le plus important est donc de surveiller l’appui, l’évolution du gonflement et la stabilité.
Combien de temps pour récupérer ?
Il n’existe pas de temps de guérison unique. Une entorse légère peut s’améliorer progressivement en quelques jours à quelques semaines, alors qu’une atteinte plus importante demande davantage de prudence et parfois une vraie rééducation. Le bon repère n’est pas la date sur le calendrier, mais la capacité du genou à supporter la charge sans réagir à chaque reprise.
Si le genou reste gonflé, si l’on boite encore ou si la confiance à l’appui n’est pas revenue, le temps de reprise n’est pas encore venu.
Marche, vélo, course : que choisir ?
La marche peut être reprise si elle reste confortable et n’entretient pas le gonflement. Des petites distances à plat sont souvent plus raisonnables qu’une longue promenade improvisée. Le vélo peut être intéressant quand il est bien réglé et que la flexion du genou reste acceptable, mais il ne faut pas forcer la résistance trop tôt.
La course, les sauts, les changements de direction et les exercices à pivot sont en général les derniers à revenir. Tant que le genou n’est pas stable, il vaut mieux rester sur des activités simples et prévisibles.
Les signaux d’alerte
Il faut consulter rapidement si le genou se dérobe, si le gonflement est important, si l’appui est impossible, si la douleur augmente malgré le repos relatif ou si la blessure a eu lieu avec une torsion forte. Une déformation, un blocage franc ou une sensation de genou “cassé” n’est pas un simple épisode à surveiller à la maison.
Après un traumatisme sportif, un genou qui ne progresse pas de jour en jour mérite un vrai bilan.
Ce qu’il faut éviter
Le plus grand risque est de reprendre le sport parce que le genou “va un peu mieux” alors qu’il n’est pas prêt. L’autre erreur est de s’arrêter complètement sans aucune logique, puis d’essayer de reprendre brusquement plus tard. Le genou tolère mal les extrêmes.
Mieux vaut une reprise en paliers : marche, vélo doux, mobilité, renforcement simple, puis seulement ensuite course ou appuis plus complexes si tout reste stable.
Reprendre progressivement
La reprise doit se juger sur trois critères simples : douleur supportable, absence d’aggravation du gonflement, stabilité satisfaisante. Si un critère manque, on redescend d’un niveau.
Dans la pratique, cela signifie souvent commencer par des efforts courts et plats, puis augmenter un seul paramètre à la fois. Cette façon de faire est moins spectaculaire, mais elle évite bien des rechutes.
À retenir
Une entorse du genou ne se résume pas à un nombre de jours. Le meilleur guide est l’évolution fonctionnelle du genou. Marche, vélo et reprise sportive sont possibles quand l’appui redevient fiable et que le gonflement ne s’aggrave pas.
Pour prolonger la lecture, voir genou qui craque au sport, mal au genou quand on le plie, courir 5 km débutant et programme tapis de course débutant.
Pourquoi la reprise se joue surtout sur la stabilité
Après une entorse du genou, la question n’est pas seulement de savoir si la douleur a diminué. Un genou peut être moins douloureux mais rester instable, mal contrôlé ou sensible lors des changements de direction. C’est souvent là que la reprise trop rapide pose problème : le footing en ligne droite peut passer, puis une rotation, un appui latéral ou une descente réveille la gêne.
Avant de reprendre un sport avec pivots, sauts ou contacts, il faut retrouver des appuis sûrs, une marche fluide, une flexion-extension contrôlée et une sensation de confiance. Si le genou “lâche”, gonfle après l’effort ou donne l’impression de se dérober, la priorité n’est pas d’ajouter du volume mais de demander un avis professionnel.
Sources consultées
- Ameli.fr : entorses et blessures du genou.
- MSD Manual : knee sprain.
- NHS : knee injuries.
- AAOS OrthoInfo : knee ligament injuries.
- Mayo Clinic : knee sprain and recovery.